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Divertir pour enseigner…

2 novembre 2015 • By

Daphné Bavelier, Professeur en science cognitive à l’Université de Genève étudie notamment comment les nouveaux médias, tels que les jeux vidéo, peuvent être mis à profit pour favoriser l’apprentissage et la plasticité du cerveau.

Lors d’une conférence TED, elle avait surpris son auditoire en présentant certains résultats de ses recherches portant sur l’effet des jeux vidéo d’action sur le cerveau. Ses résultats vont justement à l’encontre de certaines croyances persistantes, telles que « trop de temps passé devant les jeux vidéo abime la vision »…

Mais ici concentrons-nous sur la conclusion de sa conférence et sur le si poétique « effet brocolis » !

Divertir pour enseigner…

Pour les plus fainéants d’entre-vous qui, à tord, ne prendraient pas le temps de visionner les 17 minutes de la conférence de Daphné Bavelier (ci-dessous), voici comment on peut résumer cet effet brocolis. Il s’agit de tout ce qu’il y a de plus « repoussant » au yeux de nos enfants dans l’apprentissage. Dites à un enfant que vous allez faire 3 heures d’exercices mathématiques, 1 dictée, 3H d’apprentissage d’Histoire… = Effet Brocolis ! Rien de séduisant ni de motivant dans tout ça. Dites-lui au contraire que vous allez lire des bandes dessinées, jouer à des jeux vidéo… = Effet chocolat !

Concrètement, nos ados (et pas seulement, puisque si l’on écoute Daphné Bavelier, la moyenne d’âge des gamers est de 33 ans) peuvent passer des heures et des heures à jouer à des jeux vidéo. Les éditeurs de ces contenus sont donc des pros du divertissement. Ils ont trouvé la formule quasi magique pour rendre leurs clients addicts à leurs productions.

Nombreux sont les parents (mes parents me l’ont eux-même plusieurs fois répété !) ayant déjà hurlé sur leurs enfants : « Si seulement tu passais autant de temps sur tes devoirs que sur tes jeux vidéos ! ».

Et bien pourquoi pas ai-je envie de dire ?! Faisons appel à ces professionnels du divertissement pour nous aider à rendre addicts  les enfants aux apprentissages !

J’entends déjà certains d’entre vous me dire « ça existe déjà ! ça s’appelle la gamification. Blablabla… ». Oui je sais, LA GAMIFICATION ! Rien que le mot, ça fout la nausée. Pas très « effet chocolat » comme concept, surtout quand on voit en réalité comment ça se traduit.

Quand on m’a « vendu » la gamification, je m’attendais à passer des heures à prendre du plaisir sur un contenu, comme j’ai pu en passer chez moi sur ma super nintendo, au final j’étais déçu, car ce qu’on me proposait c’était finalement pas si éloigné que l’apprentissage traditionnel, seuls quelques concepts nouveaux étaient rajoutés (niveau, badge, jeu de rôle…) ou alors les tentatives de proposer un véritable jeux vidéo étaient de véritables échecs (scénario alambiqué, visuel décevant, gameplay compliqué…). Parfois même, rien que le nom du jeu rebute quiconque ose s’en approcher ! « Apprendre les multiplications avec M. Trouvetout »… Ben oui, avec un tel titre, le message ne peut pas être plus clair : « On vous fait croire que c’est un jeu, mais non ! On va encore vous marteler le cerveau avec des Maths » (c’est la version polie du message ça …).

Le bon exemple, donné (ça s’invente pas) par un professionnel de l’entertainment UBISOFT est certainement le jeu primé à maintes reprises Soldats Inconnus qui vous permet d’en apprendre plus sur la Grande Guerre tout en s’amusant.

Les professionnels du jeux vidéo savent divertir, ils savent rendre addict… Les enseignants savent enseigner, transmettre… What Else ! Les collaborations coulent de source.