Généralités

Formation : Et si le ver était dans le fruit ?!

11 août 2014 • By

J’ai jamais su dire quel est l’aspect de la formation que j’apprécie le plus, celui qui représente la raison même pour laquelle j’adore mon métier et me passionne pour tout ce qui touche à la formation professionnelle et dans une moindre mesure à l’apprentissage d’un point de vue général.

En revanche, j’arrive à identifier tout un tas de raisons qui m’amènent à penser que ce milieu n’est peut être pas si différent de la manière dont il nous est présenté par ses détracteurs. Nombreux sont ceux qui considèrent que la formation professionnelle est gangrenée par la magouille, les charlatans, les escrocs, les bonimenteurs…

La formation professionnelle est gangrenée…

Et bien non seulement ils ont raison, mais tout porte à croire que cela n’est pas près de s’arranger !

Ce billet « coup de gueule », ça fait longtemps que je l’ai dans un coin de ma tête, que je cherche le style à utiliser, le ton à employer et surtout les exemples à présenter…
Et puis finalement, cette semaine, 2 exemples m’ont été livrés sur un plateau et viennent compléter mon hall of shame ! Et histoire d’en sourire plutôt que de se lamenter, je vous invite à en faire de même et partager vos anecdotes en commentaires…

Quelles sont selon vous les pratiques qui décridibilisent le milieu de la formation ?

Au travers ce billet, je compte vous en présenter certaines, toutes issues de mon expérience personnelle. Loin de moi l’idée de faire un remake du controversé reportage qu’avait fait France 2 en 2013 : Formation professionnelle, le grand détournemen. N’oublions pas ce que la formation professionnelle continue a apporté depuis des décennies aux salariés et aux entreprises, que ce soit par la voie de l’apprentissage, la formation en alternance, le congé individuel de formation, de la validation des acquis de l’expérience…

Avant toute chose, il faut essayer de comprendre quelles sont les fondements à l’origine de ces pratiques douteuses… Je n’espère pas en faire une liste exhaustive mais seulement citer les principaux :

  • La formation professionnelle représente un énorme pactole et forcément ce pactole fait des envieux
  • Paradoxalement, la formation professionnelle est assez peu réglementée, ou du moins de manière assez loufoque. Obtenir un numéro de déclaration d’activité relève du jeu d’enfant, la « sélection à l’entrée » est donc quasi nulle… Remplir le traditionnel Bilan Pédagogique et Financier est un véritable casse tête, mais disons nous le, les informations renseignées sont-elles vérifiées, et sont elles vérifiables ? De même la lourdeur administrative qui encadre les dossiers formation ne rend t’elle pas service à des pratiques douteuses, car au final, ce n’est pas l’objectif même de la formation qui justifie du bon déroulement de celle-ci (à savoir l’acquisition de compétences par exemple), mais seulement des signatures et des attestations sur l’honneur… En bref, du déclaratif, toujours du déclaratif…
  • 88558 organismes de formation sont recensés à ce jour sur le portail www.listeof.travail.gouv.fr . Derrière ce chiffre, seulement 20 000 semblent être actifs. Sans certitude, environ 30 à 40% semblent faire de la formation leur activité principale. Malgré tout, on constate qu’avec
  • Les règles de prise en charge financière sont assez obscures : différentes d’un OPCA à l’autre, limite saisonnières, et je ne parle pas des formations des demandeurs d’emploi ! Aujourd’hui, pour monter un dossier de prise en charge, il faut avant toute chose identifier les interlocuteurs, ensuite il faut comprendre le jargon utilisé (qui lui aussi change tout le temps) et enfin les différents dispositifs… Donc forcément, quand votre téléphone sonne, qu’un OF vous promet une formation qui sera prise en charge sans que vous ayez quoi que ce soit à fairesi ce n’est signer quelques attestations…

 

Hall of shame :

  1. La formation pour diminuer les coûts d’une prestation

    Certainement la plus répandue : vous souhaitez acquérir un logiciel, acheter du matériel ou un service, et le fournisseur, mieux qu’une remise, vous propose de ventiler le montant : une partie pour la prestation, une seconde pour la formation. Votre logiciel de gestion commerciale, initialement devisé 10 000€ va maintenant être facturé 3 000€ et 7 000€ seront consacrés à la formation des utilisateurs… Une formation que le fournisseur nommera « formation a la prospection commerciale », d’une durée de 120H pour 3 stagiaires qui en réalité suivront 7H de formation au logiciel… Au final, vous verserez bien 10 000€ au fournisseur, mais votre OPCA prendra certainement en charge une partie du coût (du coup ?) de la formation. Vous penserez avoir fait une bonne affaire ? Jusqu’au jour où pour un véritable besoin en formation, votre OPCA vous signalera que votre budget est épuisé…

  2. Le prête nom

    La petite combine qui m’a le plus fait sourire dernièrement… Une amie m’a dit qu’elle suivait deux formations en ce moment, l’une en bureautique, l’autre en anglais. Etonnant car je pensais, sans en être sûr que l’on ne pouvait pas suivre de formation professionnelle pendant un congé parental. Elle me répond alors qu’elle suit cette formation au nom de son mari, artisan commerçant, et que cette dernière lui a été proposée et qu’elle sera financée par … la chambre des métiers locale. En prime, a l’issue de la formation bureautique, elle repart avec un ordinateur portable… Alors pourquoi se priver ?!

  3. Des formations incroyablement longues… sur le papier !   

    Rallonger la durée d’une formation sur le papier pour qu’elle rentre dans les critères de financement : ok, c’est limite. Mais quand cela vous est suggéré par l’organisme financeur de la formation…

  4. A vous de me faire part de vos anecdotes en commentaires. Je compléterai au fil de l’eau.